Aux lendemains de la tenue du premier forum africain sur l’Economie sociale et solidaire, ce modèle économique suscite davantage d’engouement des organisations avec des valeurs comme la solidarité pour bâtir une société plus juste.
C’est l’heure de dupliquer les engagements formulés lors du premier forum africain sur l’Économie Sociale et Solidaire (ECOSOL). Les assises ont eu lieu à Yaoundé au Cameroun du 29 au 30 Mai 2024. Un grand rendez-vous qui a vu la participation d’experts en théories de développement, des Acteurs de la société civile et étatiques et des représentants d’entreprises d’économie sociale et solidaire. La Plate frome d’Acteurs Mutualistes en Afrique centrale y a été également conviée. Le thème central qui a retenu les participants de divers horizons fut˸ ²Les modèles africains d’économie sociale et solidaire ˸vers la construction d’une économie humaine mondiale ancrée dans les territoires².
Les participants ont reconnu l’ECOSOL comme levier de redynamisation des économies pour arriver à un développement endogène. L’économie sociale et solidaire est ²un modèle économique fondé sur la solidarité et la mise en commun des moyens pour générer des biens, des services et des avantages qui sont partagés en fonction des transactions de chacun en vue de l’amélioration du bien-être social des membres et de la communauté. Elle est également fondée sur des valeurs humaines et une organisation démocratique qui défend les intérêts individuels et collectifs et permet ainsi la construction d’un mouvement social²peut-on lire dans la charte des organisations burundaises engagées dans l’ECOSOL.
Pour quelle finalité ?
Les organisations engagées dans l’ECOSOL se donnent comme boussole la construction d’une société juste. Si un modèle économique montre la manière dont une entreprise réalise son profit, celles de l’ECOSOL ne dérogent pas à la règle. Ce sont des entités sensibles aux projets collectifs sans enfreindre à l’épanouissement individuel contrairement aux entreprises dont la performance économique est le seul mot d’ordre sans prendre en considération ceux qui concourent à la création de la richesse. De l’avis des personnalités imbues de valeurs de l’ECOSOL, c’est ce seul modèle qui permettra certes d’avoir des performances économiques en réduisant l’hiatus entre riches et pauvres.
En amont, les promoteurs de l’ECOSOL ont édicté les principes sacro-saints sous-jacents à leur modèle comme la création de la plus value, la solidarité, la démocratie, l’autonomie et la mise en réseau. La performance économique sous -tend l’efficience pour avoir du résultat le plus positif, produire plus à moindre cout, la création de la plus value sera caractérisée par l’intégration de la dimension économique et sociale, une affectation équitable des revenus en garantissant aux parties prenantes du cycle de production du bien ou du service une vie digne.
En aval, la promotion de l’ECOSOL chemine au développement intégral qui pointe aux performances économiques tout en combinant le volet social et sans enfreindre à l’environnement afin de satisfaire aux besoins des générations actuelles de manière équitable sans dégrader celles des générations à venir comme on peut le lire dans rapport Gro Harlem Brundtland.
Préoccupation des Nations- Unies ?
En sa soixante-dix-septième session tenue en avril 2023, l’Assemblée Générale des Nations Unies a adopté la résolution A /RES/77/281 ayant pour objet ²La promotion de l’économie sociale et solidaire au service du développement durable ˮ. Entre autres considérations, les Nations Unis reconnaissent que l’ECOSOL contribue à une croissance économique plus inclusive et plus durable du fait qu’elle trouve un équilibre entre l’efficacité économique et la résilience sociale et environnementale qui favorise le dynamisme économique et la protection sociale sous divers aspects.
C’est légitime que l’ONU dont la promotion du développement durable fait partie des cinq grands domaines couverts par ses actions encourage les États membres à promouvoir et à mettre en œuvre des stratégies, des politiques et des programmes nationaux, locaux, régionaux favorisant l’ECOSOL en tant que modèle possible de développement économique et social durable.
A cet effet, les participants au premier forum africain de l’ECOSOL encouragent les États à mettre en place des cadres légaux et réglementaires adaptés et de soutenir la structuration des acteurs dudit modèle économique.
Les mutuelles sociales/communautaires en font partie
La cent-dixième session de l’OIT en juin 2022 a adopté une résolution concernant le travail décent et l’économie sociale et solidaire. Cette résolution don l’AG des Nations Unies a pris acte en 2023 énonce les organisations de l’ECOSOL. Il s’agit des entreprises, les organisations et les autres entités qui mènent des activités économiques, sociales ou environnementales servant d’intérêt collectif et/ ou l’intérêt général ; et qui reposent sur les principes de coopération volontaire et d’entraide, de gouvernance démocratique et/ou participative ainsi que sur la primauté de l’humain et de la finalité sociale sur le capital en ce qui concerne la répartition et l’utilisation des excédents et/ou des bénéfices, ainsi que des actifs.
Elles aspirent à la durabilité ainsi qu’à la transition de l’économie informelle vers l’économie formelle. La même résolution précise que selon les circonstances nationales l’ECOSOL inclut les coopératives, les associations, les mutuelles, les fondations, les entreprises sociales, les groupements d’entraide et les autres entités fonctionnant selon les principes ECOSOL.
Les mutuelles entendues comme des organisations à but non lucratif avec pour vocation l’organisation des actions de nature à satisfaire des besoins sociaux sont des entreprises de l’ECOSOL par excellence.
Les mutuelles de santé tablent essentiellement à la satisfaction des besoins de santé en organisant les membres quitte à mutualiser le risque maladie, tare à la condition humaine.
Alternatif aux systèmes économiques existants ?
L’homme comme être social cherche toujours des solutions à des défis qui se présentent. Face aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux et face aux crises que traversent l’humanité, plus d’un s’interrogent sur l’avenir de l’humanité si l’on devrait rester dans la polarisation capitalisme versus communisme. Les crises actuelles, politiques ou économiques sont-elles des corollaires des systèmes dominants ? Des engagés pour l’ECOSOL ne tranchent pas mais réaffirment le besoin de repenser autrement le mode de développement socio-économique. L’ESS fait converger intérêts individuels et intérêts collectifs si valorisés avec excès pour les deux systèmes jusqu’ici développés, et placer l’humain au centre des actions et ainsi marier la rentabilité économique à la rentabilité sociale afin de bâtir une société plus juste et équitable.